Jeudi 24 avril 2008

Ecrite le 24 avril 2008...


      J’ouvrit doucement les yeux et la première chose que je vis ne fut qu’un simple plafond blanc, ou devrais-je dire grisâtre par la crasse qui s’était entassée au fil des années. Je sens sur ma bouche un objet en plastique qui me donne de l’oxygène, je baisse les yeux et vois des murs blancs, un soleil venant illuminé mon visage en traversant deux grandes fenêtres, des fleurs offertes depuis mon arrivée à l’hôpital, certaines de cette époque étaient fanées. Je me redresse et aggripe le tube respiratoire pour l’enlever. J’arrivais à respirer sans cette machine… Mais je sentis dans mon bras quelque chose d’anormal, une perfusion y est rejointe, plantée dans une de mes veines. Je regarde mon pyjamas blanc, et la couverture d’hôpital de cette horrible couleur marron.


     Ce que je faisais là, je ne savais pas. Pourquoi j’étais à l’hôpital, je ne m’en souvenais pas. Tout ce dont je me souvenais c’était que je marchais sur le trottoire, il neigeait et j’allais traverser la route pour aller récuperer un cadeau de Noël que j’avais commandé dans une petite boutique chère d’objets anciens. Je voulais absolument savoir ce qu’il m’était arrivé, je chercha des yeux la sonnette pour appeler une infirmière, annoncer mon réveil et lui poser les questions qui me brûlaient aux lèvres depuis plusieurs minutes. Je vois un bouton sur le mur au-dessus de ma tête. Je lève mon bras non perfusé vers celui-ci qui était de couleur bleu et j’appuie dessus, une légère sonnerie retentit et j’attendis alors que quelqu’un y réagisse. La porte s’ouvrit quelques minutes après, une infirmière ébahit me regardait d’un air niais. Puis elle sortit de la pièce et courut on ne sait où. D’autres infirmières et un docteur se précipitèrent alors dans la chambre et prirent toutes les précautions, ils me débranchent, me parlent mais je ne comprend rien. J’ai mal à la tête. J’essaie de leur dire mais aucun son ne sortit de ma bouche.Puis il me changèrent de chambre pour me mettre dans une autre où il n’y avait pas pleins de machines, juste identique avec la ferraille en moins.


    Puis on m’amène à manger, j’essaie de manger mais j’ai du mal à ouvrir ma machoire. Je lève ma main pour la toucher, elle m’était douloureuse. C’est avec frayeur que je réalisa que la forme n’était pas normale, je voulais un miroir pour voir à quoi je ressemblais, mon cœur battait très fort de peur d’être défigurée pour le restant de mes jours. Mes yeux apeurés se posèrent sur chacune des personnes présentes qui semblaient avoir pitié de moi. Puis ils me laissèrent tranquille, sans rien me dire sur ma situation. Je cherche des yeux la porte de la salle de bain, elle était blanche comme tout le reste, puis je retire ma couverture et soulève mes jambes pour les faire glisser en dehors du lit et les poser au sol. Tous mes gestes étaient lents et douloureux. Je pris appuie avec mes mains et je suis enfin debout. J’avançe vers la porte, tourne la poignée grise et entra dans la salle de bain, tout aussi blanche. Une baignoire qui fait douche en même temps, des toilettes, un lavabo et un miroir. J’ai peur de découvrir mon reflet, j’avance doucement, avec des pas frêles et tremblant, et me tourne vers le miroir … Avec horreur je vis à quoi je ressemblais, ma peau étaient brûlée, je n’avais pas de lèvre, une partie de mon menton avait disparue, je n’ai ni cils ni sourcils, une oreille dont le lobe entier était parti et je suis chauve. J’en tombe par terre. Je me recroqueville sur moi-même, la tête plongée entre mes bras et je pleurs. Mes sanglots raisonnent dans la salle, mon cœur se déchire. J’ai mal. Je souffre de ressembler à ce monstre. Et je me souviens. Je me souviens de l’accident, je me souviens de l’explosion, je me souviens pourquoi je suis ici… J’ai failli y laisser ma vie, mais doit-on dire que cela est une bonne chose de respirer encore ? Je ne pourrais plus jamais vivre comme avant. Je hais mon image, je hais ce que je suis. J’aurais préféré mourir dans l’explosion, mais ma mère a du décidé de tout faire pour me garder en vie… Je lui en veux pour ça. Je ne veux pas vivre comme ça, c’est pire que la mort.


     Je me lève en pleurant, m’aggripe au lavabo pour m’aider car je n’ai plus la force de rien, je croise encore une fois mon regard bleuté qui s’harmoniait parfaitement avec mon visage avant l’accident, maintenant ce n’était que deux perles sur une omelette trop cramée. Je déglutit douloureusement, je voulais mourir. Je cherche des yeux quelque chose pour me tuer, c’est ma décision. Je retourne dans ma chambre, je pleurs encore, je cherche mais je ne trouve pas et je continue à pleurer. Mes pas m’amènent à ma fenêtre, je regarde la hauteur de mon étage et m’aperçoit avec une légère satisfaction que j’étais au dernier, mes larmes coulent encore sur mes joues déformées. J’ouvre la fenêtre et d’un pas décidé je l’enjambe en pleurant toujours. Je suis debout, mes mains s’aggripent avec peine au rebord et mes yeux se posent sur le sol, laissant tomber les larmes abondantes vers les gens qui passent en bas et qui sont beaux, en bonne santé, et qui ne pleurent pas. Je saute. On dit que lorsqu’on s’apprête à mourir on voit sa vie défiler devant ses yeux, moi je vois mon propre visage souriant qui me dit de venir vers lui. Je ferme mes yeux toujours humide de larmes salées et je m’écrase au sol, la doulour est éphémère et mon sang se vide petit à petit sous le regard choqué des gens.

 


Je suis morte, et je ne pleurs plus.



Voilà j'espère que ça vous a plu ! Personnellement je l'aime bien, pour ceux qui ne comprennent pas que l'euthanasie puisse être le meilleur choix.

par Candyc0rn publié dans : Nouvelles
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