Laurie a 27 ans. C'est une jeune femme qui a fini ses études et qui travaille en tant que conseillère sociale dans un lycée. Son travail la prend à cœur : essayer de remettre dans le droit chemin des adolescents perdus dans les domaines de l'alcool et de la drogue. Laurie est contre ces mœurs que les jeunes appellent échapatoire. Elle essaie de comprendre pourquoi les jeunes choisissent cette voix pour oublier leur soucis, leur peine, pour oublier qu'ils existent. Laurie a du mal à les aider et elle s'en veut de ne pas savoir mettre en application son métier pourtant si important à ses yeux. Elle a l'impression d'avoir perdu son temps dans les études de psychologie, elle se sent terriblement inutile ... Seule ... Quand elle rentre chez elle dans son petit appartement sinistre, elle se sent déprimée. Monter ses escaliers dont la peinture craque et les jointures grinçent, s'accrocher à la rambarde souillée de rouille, observer les murs au papier peint délabré pour enfin arriver à sa porte en bois miteux, passez sa clé dans la serrure rouillée et entrer dans cet appartement quasiment vide, aux murs blancs, aux meubles blancs ... Laurie n'aime pas ce blanc. Le blanc finira par la rendre folle. Elle rêve d'une maison pleine de couleur, spacieuse, lumineuse, où des gens qui l'aiment l'attendraient. Mais Laurie a perdu tous les gens qu'elle aimait, tous les gens qui l'aimaient. Souvent, elle observe longuement les cadres accrochés sur les murs de sa chambre blanche en soupirant de mélancolie. Elle souffre d'une mélancolie perpetuelle. Ses parents lui manquent, elle se demande ce qu'ils sont devenus. Depuis qu'elle leur a avoué son homosexualité, ses parents l'ont bannie de leur vie. Puis ses yeux vaguent sur le portrait de la femme de sa vie à présent morte d'un accident de voiture. Laurie n'a jamais vraiment eu d'amis ... S'étant concentrée toutes ces années sur ses études pour réussir. Et au final elle reçoit dégoût, démotivation et déchéance. Elle repense vaguement à tous ces adolescents ... Elle qui leur conseillait de faire des études, de ne pas se plonger dans ces petits plaisir hallucinatoires pour être heureux sans avoir besoin de rêver et d'esperer. Elle se rendit compte qu'elle se trompait sur toute la ligne ... ce n'est pas de ça que les jeunes ont besoin. Pas d'une vie à attendre la récompense sans être réellement heureux, pas d'une vie en se cachant de l'obscurité, en fuyant la tristesse par un chemin prédefinit qui en fait est trompeur ... Elle se rendit compte, malgré toutes ces années de psychologies, que la vie était faite de joies mais aussi de peines. Que sans la peine, la joie n'existerait pas. Elle prit tout simplement conscience qu'elle avait gâché sa vie. Laurie prit peur. Elle sortie de chez elle à la hate, claquant sa porte et dévala les escaliers miteux. Croisant ces jeunes de banlieues terrassés par leur amertume en train de fumer leur échapatoire. Laurie les observe et ils commencèrent à l'agresser, lui demandant avec leur dialecte de jeunesse perdue ce qu'elle avait à les mater, si elle voulait leur poing dans la gueule, la traitant de pute, de salope et de pétasse. Laurie déglutit et ne répondait rien mais une larme roula sur sa joue. Un homme aux allures respectables arriva et emporta Laurie loin d'eux, loin des insultes. Elle le remercia, il l'invita à un bar, lui offrant une vodka. Laurie observait ce verre de cette substance appelée alcool et se lanca. Son spleen lui emportant toute sa raison de personne sérieuse. Elle bue le verre cul sec et raconta ses problèmes à l'inconnu qui l'avait sauvé. Les yeux de l'homme ne cessaient de la fixer, il buvait ses paroles et petit à petit un sourire se dessinait sur son visage. Il lui dit qu'il avait la solution à ses problèmes et que comme c'était la première fois, il ne la ferait pas payer. Il dit que si ça lui plaisait, il lui donnera son numéro et elle pourra le joindre n'importe quand pour lui en redemander, même si elle devra payer. Laurie prit peur mais l'effet de l'alcool l'empêcha de réflechir et elle le vit sortir de sa poche un petit paquet. Il lui dit que ça se prenait par le nez et que grâce à cela, elle ne déprimerait plus et retrouverait sa pêche et son optimisme. Laurie accepta...
Une fois rentrée chez elle, Laurie ouvrit le paquet. Elle avait vu ça pleins de fois à la télé. Mais son cœur battait à l'idée d'essayer. Elle en avait envie, elle avait peur mais en même temps, une certaine excitation insolite vint la tirailler. Puis elle se lanca, forma une ligne et ... C'était parti. La drogue agissait dans son organisme, lui monta au cerveau et la fit doucement planer. Elle volait dans la pièce et la lumière pénétrait à l'intérieur, réchauffa son cœur, un sourire se se dessina sur ses lèvres et elle se trouvait dans un champ de fleurs. Enfin c'est ce qu'elle imaginait, juste assise sur sa chaise en vieille feraille devant le sachet entamé posé sur la table, les bras balant et le sourire aux lèvres. Son cœur battait à toute vitesse. Elle sombra à son tour dans ce cercle vicieux infernal ...
Quelques mois plus tard, elle courait dans les rues, sous la pluie. Elle n'avait pas sa dose. Il lui en fallait et vite mais son dealer ne lui répondait pas au téléphone. Elle se sentait mal, sa vie avait changé mais pas dans le bon sens. Même s'il ya quelques avantages ... Devenue accroe à la drogue, elle sut comprendre l'intérêt qu'y ont les jeunes et les conseils mieux. Elle comprenait enfin cette mentalité de junkie. Elle perdait peu à peu ses économies, car cette voie de bonheur ephémère lui coûtait cher. Jusqu'à ne plus avoir d'argent ... Elle courait dans les rues, les larmes lui coulaient sous les yeux emportant son mascara noir, ses cheveux étaient trempés ... Et brusquement, elle tomba sur son dealer dans la rue où il avait l'habitude de vendre et où elle le rejoignait le plus souvent. L'homme lui sourit et lui proposa à nouveau cette douce marchandise ... Laurie lui dit qu'elle n'avait plus d'argent, qu'elle ne savait plus quoi faire. Le dealer lui proposa un arrangement, lui dit qu'on pouvait payer sans argent... Elle le suivit sans demander d'explications, sans plus rien attendre d'autre que sa dose. Il l'emmena dans un appartement qu'elle ne connaissait pas, sûrement le sien, et il lui donna sa drogue. Sans tarder, elle se jetta dessus et se laissa à nouveau emporté dans ses hallucinations si curatives pour son moral ... L'homme l'emmena, sans qu'elle n'ait à s'y opposer, sur le lit. Elle ne réflechit plus, elle se laissait faire. Elle sentit un courant d'air frais caresser sa peau et remarqua qu'elle était nue. Et ça la faisait rire ... Elle ne comprenait pas la situation et n'avait pas la conscience de se battre, la finesse d'esprit de refuser en hurlant. Elle sentit une terrible douleur et son rire disparu ...
Le lendemain matin, elle se réveilla, nue, sur le lit et seule. Sa tête lui faisait mal et tout lui revint à l'esprit. Les larmes glissèrent à nouveau hors de ses paupières. Elle attrapa tous ses vêtements et s'appreta à sortir, peinant à marcher par la douleur encore présente entre ses cuisses. Elle ne l'avait jamais fait avec un homme. Mais son regard se posa sur quelque chose qui l'arrêta dans son élan de fuite. Elle s'approcha d'un tiroir entreouvert et découvrit une serringue... Remplie de ce dont elle était tant dépendante. Son cœur fit un bon. Elle ne pouvait plus supporter cette vie. Laurie attrapa la serringue, la remplit et tira sur sa manche pour trouver ses veines puis planta dedans l'aiguille, arrachant un petit cri de douleur. La douleur elle connaissait, mentale et physique. Laurie fit glisser toute la substance dans son sang, doucement, regardant le liquide peu à peu disparaitre dans la peau piercée. Une étrange sensation l'envahit ... Elle avait l'impression de sentir ses veines, quelque chose s'introduire en elles. Le sentiment d'une douce chaleur parcourir tout son être, passer dans chacune de ses veines. Ses yeux vibrent, elle voit la pièce bouger autour d'elle et brusquement, elle tombe, tombe, tombe dans un trou noir profond, sans arrivée. Tomber longuement dans la mort. La mort par overdose. Le suicide. Car Laurie avait compris que la vie n'était pas rose, qu'elle l'avait gâché à ne pas être heureuse, qu'elle n'avait plus de but, plus d'amour propre, plus d'amour ... Elle avait tout perdu et s'était trouvé une nouvelle amie qui l'ammena à la mort. Laurie comprit pourquoi les jeunes se droguaient. Elle comprit avant de sombrer ce que les drogués cherchaient ... C'était de mourir avec une histoire.
| Décembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires